Le 14 Janvier 2019, le comité de Bâle a publié la version finale des standards FRTB en réponse à la version consultative proposée en Mars 2018.

Sous la règlementation FRTB (Fundamental Review of the Trading Book), les institutions financières se doivent de calculer, pour les risques associés à leur activité de marché, des charges en capital basées soit sur une validation interne (Internal Model Approach), soit un standard défini par le régulateur (Standardised Approach).

 

Les banques, regroupées au sein de l’ISDA (International Swaps and Derivatives Association) ont accueilli favorablement les modifications apportées sur la partie IMA, dont la plupart ont été suggérées en réponse au papier consultatif de Mars 2018. Même si des inquiétudes demeurent sur certaines parties du texte, le régulateur a apporté les réponses nécessaires aux deux points principaux remontés : le calcul des charges NMRF (Non-Modellable Risk Factors) et les conditions du Test de PLA (Profit & Loss Attribution).

 

 

1. Calcul des charges en Capital NMRF

 

Saisonnalité des facteurs de risque

 

La notion d’observabilité pour les facteurs de risques est une des notions capitales introduites par FRTB. La charge en capital des facteurs de risque qualifiés de non-observable (NMRF), doit être calculée séparément, avec une surcharge due à des conditions de calcul spécifiques.

 

Les précédentes règles stipulait qu’un facteur de risque pouvait être qualifié d’observable (et donc éviter cette surcharge) à partir de 24 observations de prix de marché sur les 12 derniers mois, avec un maximum de un mois entre deux observations.

 

Cette règle était extrêmement critiquée par les institutions financières, la nature saisonnière du marché faisant échouer le test d’observabilité à un nombre significatif de facteurs de risque, même pour ceux considérés comme très liquides.

 

Dans la version finale du texte, les banques peuvent choisir parmi les critères suivants pour qualifier leurs facteurs de risque :

  • 24 observations sur les 12 derniers mois et au moins 4 observations tous les 90 jours ;
  • 100 observations au cours des 12 derniers mois.

 

Bien que cet assouplissement des règles permette de qualifier une partie supplémentaire importante des facteurs de risque du modèle interne, l’inquiétude demeure pour une partie des acteurs du marché, qui réclamait une politique plus souple (les demandes de l’ISDA portaient sur une qualification des facteurs de risque avec 3 observations minimum sur 90 jours).

 

 

Agrégation des charges en capital NMRF

 

Deuxième point crucial pour les provisions NMRF, le régulateur assouplit ses méthodes de calcul sur l’agrégation des charges pour les facteurs de risque non observables. La version initiale prévoyait une agrégation des charges sans diversification (soit une corrélation égale à 1), à l’exception des charges idiosyncratiques provenant du crédit. Cette formule d’agrégation était extrêmement pénalisante, à la fois au niveau des charges calculées, mais aussi au niveau des modèles, où une représentation plus granulaire et plus fine des facteurs de risque était impactée par cette formule.

 

Dans la version finale, non seulement les charges idiosyncratiques actions peuvent être diversifiées (à l’image des charges idiosyncratiques crédit, proposition du papier consultatif de Mars 2018), mais aussi pour l’ensemble des NMRF.

 

Cependant,  la logique de modélisation ne doit pas se baser uniquement sur une réduction optimale des charges sous peine d’échouer au test de P&L Attribution (PLA).

 

 

2. Test d’attribution du P&L

 

Le test d’attribution du P&L (PLA) mesure la précision du modèle de valorisation utilisé dans le cadre du calcul des risques de marché, par rapport aux modèles utilisés pour le pricing. Dans la version précédente, un trading desk échouant au test de PLA devait immédiatement passer d’une capitalisation avec une approche « modèle interne » à une capitalisation sous une approche standard.

 

Le papier consultatif de Mars 2018 introduisait une « zone ambre », agissant comme une zone intermédiaire, où la capitalisation reste basée sur une approche en modèle interne, avec une surcharge. Cependant, les réponses des institutions financières montraient que la sensibilité du test de PLA faisait passer les trading desk directement de la « zone verte » à la « zone rouge » pour les trois approches statistiques considérées
(le test de Kolmogorov-Smirnov, le Test du Chi X, le test de corrélation Spearman) rendant la « zone ambre » pratiquement inutile. 

 

Pour la version finale du texte, le régulateur a choisi de garder uniquement le test de  Kolmogorov-Smirnov pour mesurer la distance statistique entre les P&L issus des outils de valorisation front-office et du modèle de valorisation utilisé dans le calcul des risques de marché. Le test de corrélation Spearman sera quant à lui utilisé pour déterminer si les deux P&L bougent dans la même direction. Enfin, les différentes zones ont été élargies.

 


Conclusion

Les changements apportés par  la version finale permettront d’atténuer les impacts de la nouvelle règlementation, tout en gardant l’esprit du texte original. En effet, les prévisions d’augmentation des provisions pour les risques de marchés sont attendus à 22% en moyenne, contre 40% pour la version originale de 2016. Le déploiement de cette nouvelle norme doit être finalisé pour janvier 2022.

Contact publication
Jérôme BESSI
Manager – Risk et Finance practice
jbessi@capteo.com
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